RSE 2025 : Avons-nous enfin dépassé le stade des promesses pour entrer dans l'ère des données ?

Lundi, Janvier 12, 2026

Introduction : La fin de l'insouciance déclarative


L'année 2025 marquera sans doute un tournant dans l'histoire de la durabilité d'entreprise en Europe. Longtemps cantonnée aux rapports de communication sur papier glacé et aux déclarations d'intentions louables, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) a subi un choc de réalité : celui de la preuve par la donnée.

Chez Sustain'Analyse, nous avons observé cette transition en première ligne. Si les discours restent parfois éthérés, les obligations légales, elles, sont devenues très concrètes. En analysant les rapports publiés et les bases de données nationales en ce début 2026, un constat s'impose : le paysage a changé. La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), bien que remaniée par le paquet Omnibus, a imposé une rigueur inédite. 

Mais que disent réellement les chiffres ? Au-delà du bruit médiatique entourant les allègements réglementaires, quelle est la réalité de terrain pour les Directions Financières et RSE ? Nous avons décortiqué pour vous les 8 tendances chiffrées qui redessinent la conformité légale et la performance durable en 2026.

Le grand tri réglementaire : CSRD et Devoir de Vigilance à l'épreuve


Le premier enseignement de ce millésime 2025 est la contraction drastique du périmètre réglementaire, couplée à une intensification des exigences pour ceux qui y restent soumis.

La CSRD : Moins d'acteurs, plus de pression

Suite à l'adoption du paquet Omnibus, le nombre d'entreprises soumises à la CSRD a fondu. Nous sommes passés de milliers d'assujettis potentiels à seulement 578 entreprises identifiées post-réforme. Ce chiffre est saisissant lorsqu'on le compare aux anciennes obligations de la NFRD (DPEF). Cependant, ne nous y trompons pas : cette réduction de volume s'accompagne d'une augmentation de la densité technique. Pour ces 578 acteurs, le rapport de durabilité n'est plus une option, c'est un document opposable, audité, et scruté par les investisseurs via la taxonomie européenne. L'exigence de l'audit OTI (Organisme Tiers Indépendant) a transformé la collecte de données ESG en un processus aussi rigoureux que la consolidation financière.

Le Devoir de Vigilance : L'étau se resserre

Parallèlement, la loi sur le devoir de vigilance concerne désormais 279 entreprises. Le chiffre inquiétant ? Début 2025, 57 d'entre elles n'avaient toujours pas publié leur plan. Ce retard n'est pas anodin. Il signale un risque juridique majeur. L'époque où l'on pouvait ignorer sa chaîne de valeur est révolue. La conformité légale exige désormais une cartographie des risques précise, allant des fournisseurs de rang 1 jusqu'aux matières premières critiques.

L'environnement : Entre standardisation massive et opportunités sectorielles


Si le volet social et gouvernance avance à son rythme, c'est sur les sujets environnementaux que l'accélération est la plus palpable, structurée par des normes internationales et des obligations sectorielles.

Le Carbone : La donnée est là, l'action se fait attendre

Avec plus de 10 600 bilans carbone déposés sur la base de l'ADEME, la France dispose d'une photographie précise de ses émissions. La mesure est devenue une commodité. La question stratégique pour 2026 n'est plus "combien j'émets ?", mais "comment je pilote ma trajectoire ?". Les entreprises qui se contentent de mesurer sans aligner leur stratégie sur les accords de Paris (via des standards comme IFRS S1 ou l'initiative SBTI) s'exposent à un risque de transition majeur.

L'économie circulaire et la biodiversité : Les nouveaux frontières

Deux chiffres illustrent la montée en puissance de ces thématiques :

1.  23 filières REP (Responsabilité Élargie du Producteur) actives en France. C'est un record européen. Cela signifie que pour presque tout produit mis sur le marché, la fin de vie est désormais une charge financière et opérationnelle internalisée.

2.  ISO 17298. Retenez ce numéro. C'est la nouvelle norme dédiée à la biodiversité publiée en 2025. Elle offre enfin un cadre méthodologique pour traiter le vivant non plus comme une externalité, mais comme un actif à préserver. C'est une opportunité immense pour les secteurs bio-sourcés ou dépendants du capital naturel.

Le Social : Des avancées en demi-teinte


La RSE ne se limite pas au carbone. L'analyse des données sociales de 2025 révèle une France à deux vitesses.

D'un côté, l'égalité professionnelle progresse, lentement mais sûrement, avec une note moyenne de 88,5/100 à l'index, gagnant un demi-point. Cela prouve que lorsque l'indicateur est clair et la sanction financière possible, les entreprises s'adaptent.

De l'autre, l'inclusion reste le parent pauvre. Avec 12% de chômage chez les personnes en situation de handicap, le monde économique peine encore à transformer l'intention inclusive en réalité de recrutement.

Pour 97% des dirigeants, l'engagement territorial et social est "clé". Mais entre la déclaration et l'opérationnalisation dans les processus RH, le fossé reste béant. C'est ici que la RSE doit jouer son rôle de transformateur culturel, et pas seulement de producteur de reporting.

Conclusion : Vers une RSE de la preuve


Ce bilan 2025 nous envoie un message clair : la phase d'apprentissage est terminée. Nous sommes entrés dans l'ère de l'industrialisation de la donnée extra-financière. Que vous soyez un grand groupe soumis à la CSRD ou une PME dans la chaîne de valeur, l'enjeu n'est plus de convaincre que la RSE est importante, mais de démontrer, chiffres à l'appui, que votre modèle est résilient.

Ne laissez pas ces chiffres vous intimider. Ils sont autant d'indicateurs pour piloter votre performance future. Vous souhaitez savoir où vous vous situez par rapport à ces moyennes ?

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