
EcoVadis, EmpCo : pourquoi la vérification tierce devient un atout
Un chiffre RSE vérifié par un tiers indépendant vaut désormais plus qu'un chiffre déclaré. C'est vrai pour votre score EcoVadis, qui distingue depuis 2026 les données vérifiées des autres. Et ce sera bientôt une obligation légale pour vos engagements environnementaux, avec la directive européenne EmpCo.
Dans cet article, nous faisons le point sur ces deux évolutions, sur leur calendrier en France et sur la manière de s'y préparer.
EcoVadis : la vérification tierce, un avantage de score
EcoVadis n'impose pas de vérification tierce. Mais sa méthodologie 2026 l'encourage explicitement : des données vérifiées par un tiers obtiennent un meilleur score que des données simplement déclarées.
Trois changements récents renforcent cet avantage :
- Un niveau de fiabilité par indicateur. Depuis la mise à jour d'avril 2026, chaque indicateur carbone est classé en fiabilité faible, moyenne, élevée ou « vérifiée par un tiers ». Vos acheteurs le voient sur votre fiche.
- Les rapports d'audit acceptés comme preuves. Depuis le 15 avril 2026, les rapports d'audit externes comptent pour les politiques, les actions et le reporting. À l'inverse, les certificats ISO « en cours » ne rapportent plus de points.
- Un nouveau standard pour les données carbone. En juin 2026, EcoVadis a publié son cadre de fiabilité des données carbone. Son niveau le plus élevé est réservé aux données vérifiées par un tiers.
EmpCo : un tiers indépendant exigé par la loi
La directive (UE) 2024/825, dite EmpCo, renforce la lutte contre le greenwashing. Elle concerne toutes les entreprises qui s'adressent aux consommateurs, sans seuil de taille. Elle interdit notamment les allégations vagues (« écologique », « bon pour la planète ») et la neutralité carbone fondée sur la compensation.
Surtout, elle exige l'intervention d'un tiers indépendant dans deux cas :
- Vos engagements environnementaux futurs. Une promesse comme « zéro émission nette d'ici 2040 » doit reposer sur un plan de mise en œuvre détaillé et réaliste : objectifs intermédiaires mesurables, échéances, ressources. Ce plan doit être vérifié régulièrement par un expert tiers indépendant, sans conflit d'intérêts et compétent en environnement. Ses conclusions doivent être accessibles aux consommateurs.
- Vos labels de durabilité. Un label n'est autorisé que s'il repose sur un système de certification avec vérification par un tiers indépendant. Les labels « maison » autocertifiés sont interdits.
La directive change aussi la charge de la preuve en pratique : c'est à l'entreprise de pouvoir justifier chacune de ses allégations environnementales.
Comment s'y préparer
- Faites l'inventaire de vos allégations. Site, emballages, réseaux sociaux, rapports : listez toutes vos mentions environnementales et vos engagements chiffrés.
- Choisissez vos indicateurs clés pour EcoVadis. Trois à cinq indicateurs bien couverts valent mieux que des dizaines partiels. Les émissions de GES (scopes 1 et 2), les accidents du travail et la formation sont de bons candidats.
- Documentez vos objectifs. Depuis le 14 octobre 2026, EcoVadis rejette tout objectif chiffré sans année de référence. Indiquez toujours la base, la cible et l'échéance.
- Formalisez vos plans de transition. Chaque engagement futur doit s'appuyer sur un plan avec jalons, ressources et responsables.
- Faites vérifier par un tiers indépendant. C'est ce qui fait passer vos données au niveau de fiabilité le plus élevé et ce qui rendra vos engagements conformes à EmpCo.
Bonne nouvelle : les travaux se recoupent. Une même vérification peut servir à EcoVadis, à EmpCo et, le cas échéant, à votre rapport de durabilité CSRD.
Écrit par Jean-Baptiste Pegeon, auditeur et co-fondateur de Sustain'Analyse
